vendredi 14 septembre 2012

Umineko no Naku Koro ni


(7th Expansion – 2007)

Umineko no Naku Koro ni (Lorsque les goélands pleureront en français) est le second opus de la série When They Cry, qui inclus Higurashi no Naku Koro ni (Le sanglot des cigales, dans sa version française), série de visual novel développée par l'excellent groupe amateur 7th Expansion. Les deux œuvres sont certes légèrement liés, mais la lecture de Higurashi n'est pas nécessaire pour lire Umineko.

Plus qu'un visual novel, cependant, Umineko se présente comme un sound novel ; mettant davantage l'accent sur les musiques que sur l'aspect graphique. Ainsi, la bande son du titre est immense, comportant plus de 190 musiques.
Mais la quantité ne se fait pas au détriment de la qualité : Umineko a sans doute l'une des OST les plus réussie que j'ai jamais entendu. Non seulement elles sont très bien, voir certaines divines, mais en plus, elles, ainsi que les bruitages, accompagnent à merveille l'histoire qui se narre dans le roman, avec un timing parfait.

Néanmoins, l'aspect graphique est beaucoup moins réussi ; les dessins des personnages, notamment, font très amateurs (bien que moins que leur précédent opus, Le sanglot des cigales, où certains personnages n'avaient que trois doigts...). Cela décourage hélas beaucoup certains puristes à lire ce sound novel, même si, franchement ce n'est pas si gênant. Je dirais même qu'au fil de la lecture, on s'attache énormément à ce graphisme, qui reste très expressif, au point de trouver le character design de l'anime fade...

Croyez-moi, si ces dessins-là vous gênent au point d'éviter de lire l’œuvre, vous loupez quelque chose...

Pour les arrière-plans, les développeurs ont pris le parti de retoucher des photos de manière très floues, ce qui donne une ambiance particulière :


La question reste à savoir pourquoi donc Umineko est si bien ? Ce n'est évidemment pas que grâce à sa musique... C'est son histoire qui le rend exceptionnel. Histoire, hélas, très dure à raconter...
Le titre est en effet assez long et les choses ont bien le temps de changer ; Le VN se découpe lui-même en deux opus : Umineko no Naku Koro ni rassemble les quatre premiers épisodes, qui posent les questions et Umineko no Naku Koro ni Chiru rassemble les quatre autres épisodes, qui répondent à certaines de ces questions.

Umineko est un roman à la fois policier et fantastique. Il commence tel les plus grands classiques du genre : La famille Ushiromiya, famille japonaise aisée grâce au succès de Kinzo Ushiromiya, se rassemble, comme tous les ans, dans la demeure du chef de famille, sur l'île de Rokkenjima qu'il possède toute entière. En pleine réunion de famille, les Ushiromiya reçoivent une mystérieuse lettre : Béatrice, alchimiste attitrée de la famille, annonce la fin de son contrat et demande la restitution de son dû : une vaste quantité d'or qu'elle avait prêté à Kinzo. La seule issue est de retrouver l'or avant le temps imparti et rien ne sera repris. Mais simultanément, une série de meurtres débute sur cette île isolée par un typhon...

 Béatrice, cette sorcière mythique, semble errer tel un fantôme dans le domaine ; est-elle donc la perceptrice de ces cruels meurtres ?

L'histoire de Umineko prend énormément de temps à se mettre en place : on peut dire que tout le premier épisode – qui dure une petite dizaine d'heures – sert d'introduction à la série et que le synopsis ci-dessus ne vous décrit en rien l'impressionnante adresse scénaristique des développeurs. L'histoire prendra en effet un tour nouveau à la fin de l'épisode qui rend le titre exceptionnel, et non simplement une œuvre parmi d'autres dans un genre connu et reconnu.
Mais hélas, pour ne pas vous révéler quoi que ce soit, je ne peux vous le dire ; sachez juste que l'intrigue vaut vraiment, mais vraiment la peine d'être lu.

De concert avec la passionnante intrigue du titre, les personnages se révèlent eux aussi très intéressants et certains même très attachants ; chacun seront plus ou moins développé au fil du jeu, bien qu'évidemment certains plus que d'autres. Les personnages principaux restent les plus intéressants de tous, notamment l’intrigante antagoniste...

Umineko présente cependant un autre aspect. Bien que ce soit un kinetic novel qui ne laisse aucun choix au lecteur, qui ne peut donc que lire, 7th Expansion ne voulait pas que les lecteurs restent inactifs. Empruntant de nombreux procédés au genre policier, à l'instar de celui-ci, Umineko se veut soluble pour le lecteur. On peut ainsi se prendre au jeu et essayer de comprendre qui, comment, voir même pourquoi les meurtres ont été accomplis. L’œuvre offre ainsi de nombreux outils au lecteur tels que des schémas, le menu et des indices sûrs pour le guider.

Umineko joue beaucoup sur les meurtres à chambre close, préparez-vous, ils ne sont pas simples à résoudre...

Cependant, vos théories ne seront jamais vérifiées ; le jeu ne donnera pas la réponse du comment de ces meurtres mais uniquement du pourquoi dans ce fameux Umineko no Naku Koro ni Chiru cité précédemment. De plus, se laisser prendre au jeu est passionnant et rend la lecture d'autant plus intéressante mais c'est TRES dur. Les meurtres sont accomplis de telle manière qu'on pourrait presque les croire.... magiques.

Pour conclure, Umineko no Naku Koro ni est un chef d’œuvre. Ce kinetic novel présente une histoire divinement intéressante avec des personnages attachants et intrigants, malgré un début certes bien, mais tellement faiblard par rapport au reste du titre. Mais l'intrigue n'est pas l'unique point positif : la musique rend l’œuvre magistrale. Le défaut d'Umineko qui se tient dans ses dessins n'en est même pas un, puisque finalement, au fil de la lecture, ils vous paraîtront tout à fait appropriés, tant ils peuvent être expressifs.
C'est donc une œuvre que je recommande à tous, pour l'excellence de son intrigue, de ses personnages et de sa musique ; de sa globalité.

Cependant, je tiens à souligner une chose : il y a en effet un anime, que beaucoup diront bon... Ne vous faites pas leurrer ! L'anime n'est bon que parce que le visual novel est excellentissime ; il est tellement fade à côté de l'original ! Préférez le visual novel lorsque vous vous lancez dans cette œuvre !

Critiques sur les visual novel


Après maints débats intérieurs, j'ai décidé de commencer à faire des critiques sur les visual novel. En effet, même si le genre est quasiment inconnu en France, il existe quelques perles qui méritent d'être commentées et j'y consacre suffisamment de temps pour me considérer comme une lectrice de ce type de « jeu ».

Néanmoins, le genre est complètement étranger au public francophone (à deux exceptions officielles près, à ma connaissance) et mérite donc éclaircissement, d'où cette news, qui fera davantage office d'explication d'un genre que de critique. (Pour ceux qui savent déjà ce qu'est un visual novel, le jeu va être d'essayer de savoir d'où vient chaque image ; les réponses seront à la fin.)

Déjà, la question se pose : qu'est-ce qu'un visual novel ?
Comme son nom l'indique, un visual novel (« roman visuel » pour les anglophobes) est un roman. Il n'est cependant que sur ordinateur (ou sur console) et, profitant de sa condition numérique, possède aussi une ambiance graphique et sonore.
Pour simplifier, un VN est donc un roman avec des images et de la musique. Cependant, il possède d'autres caractéristiques qui le rapproche d'avantage du jeu vidéo, ce que de nombreuses personnes pensent qu'il est.










Il existe plusieurs interfaces de visual novel, qui traduisent généralement les différents degrés d'implication du lecteur. Plus le texte prend de place sur la page, moins le lecteur a de choix à faire.


Car, en effet, la plupart des VN sont interactifs ; selon les choix faits par le lecteur, différents événements prendront place et différentes fins s’offriront à lui. En cela, le VN s'approche d'un roman de la série « les livres dont vous êtes le héros », étant très souvent écrit à la première personne.

Certains vont même plus loin dans l'interaction et s'approche là plus du jeu d'aventure.
Il faut ici examiner la scène afin de résoudre le crime ; bonne chance...

Cette interaction peut être prise à la fois comme un avantage et un défaut : même si cela rend le lecteur plus impliqué dans l'histoire, toutes les fins sont généralement aussi intéressantes les unes que les autres et donc nous poussent à tout essayer, ce qui peut s'avérer très long pour certaines œuvres...
Bien sûr, certaines fins sont privilégiées ; on parle bien de « good end » (bonne fin), « bad end » ou « wrong end » (mauvaise fin) et de « true end » (vraie fin) : cependant, même ce qu'on considère comme une « wrong end » a son intérêt, dans le sens qu'elle peut apporter des éléments supplémentaires à l'univers, à la psychologie des personnages voir même à l'intrigue.
La plupart des visual novel fonctionne aussi avec le principe de routes ; c'est notamment le cas lorsque l'histoire a une portée romantique. Les choix du lecteur décident ainsi avec qui le héros va avoir une relation romantique, lorsqu'il y a plusieurs héroïnes.
Il faut tout de même préciser qu'il existe des VN qui ne sont pas interactifs, que les puristes appellent des kinetic novel, même si ce n'est certainement pas la majorité.

Autre point qui rend le genre assez élitiste ; pratiquement tous les visual novel sont issus du pays du Soleil Levant et ne sont jamais sortis dans la langue de Molière, à l'exception du Sanglot des cigales (Higurashi no Naku Koro Ni) – qui est un must du genre – et de Anamnesis, le seul VN francophone à ce jour, fait par des fans, pour des fans.
Ainsi, pour aborder ce type de romans, il faut soit parler japonais, soit parler anglais car de nombreuses traductions amateurs existent. Je tiens d'ailleurs à préciser que la grande majorité des futurs critiques de VN que je ferais seront, sauf précision, à partir de la version traduite par des amateurs – dite « patchée », pour ceux pour qui cet univers est complètement inconnu – c'est-à-dire, en anglais.

Dernier point à aborder sur le genre et si j'ai oublié certaines caractéristiques, cela viendra au fur et à mesure des critiques, la plupart des VN, mais pas la totalité, sont des eroge, un « jeu » à contenu érotique, sans que cela tourne à la pornographie pour autant. Il est donc normalement conseillé qu'en dessous de 18 ans, vous ne les lisiez pas.
De même, certains peuvent décrire des situations assez déplaisantes et certains choix moraux peuvent blesser la sensibilité des plus fragiles. Ce n'est bien sûr pas le cas de tous, mais je pense pouvoir affirmer sans trop me tromper que la grande majorité des visual novel ont soit un contenu érotique, soit des choix moraux controversés ou des situations à caractère violent, voir même les deux. Mais il y a bien sûr des exceptions (Non, non, je ne pense pas du tout à Clannad, enfin, voyons...) et les versions console des titres sont généralement censurées.

Pour résumer, un visual novel est un genre de roman généralement interactif qui ajoute une dimension visuelle et musicale au texte et qui peut comporter plusieurs visions et fins d'une même histoire. Le genre reste cependant assez élitiste, n'étant pas vraiment sorti officiellement en dehors de l'Archipel et n'étant pratiquement disponible qu'en anglais ou en japonais. Pour optimiser cette isolation que peut avoir ce genre, la plupart des VN ne sont pas autorisées par nos normes pour un public mineur, comportant souvent un caractère érotique ou/et violent, que cette violence soit morale ou physique (pour les protagonistes).

Et pour ceux qui ont essayé de deviner les visual novel des images, voici les réponses, dans l'ordre d'apparition, de gauche à droite et de haut en bas :
Kara no Shoujo
Saya no Uta
Swan Song
Sharin no Kuni – Himawari no Shoujo
De nouveau Kara no Shoujo

jeudi 23 août 2012

Emma


(MORI Kaoru – Publié en France dès 2007 par les éditions Kurokawa)

Emma place son intrigue à la fin du XIXe siècle. Alors que William Jones décide de rendre visite à son ancienne institutrice, Madame Stownar, il rencontre Emma, la domestique de la maison, dont il n'est pas indifférent...
Publié en dix tomes, ce manga conte donc l'histoire de cet amour interdit entre un gentilhomme et une domestique à l'ère victorienne.

L'histoire, qui suit les lignes les plus classiques qu'il soit, n'est pas vraiment ce qui donne la qualité de ce manga. Évidemment, elle contente tous ceux qui ne cherchent pas plus qu'une simple romance dramatique.
Non, le véritable intérêt de Emma est ses personnages. Cet œuvre foisonne de personnages secondaires et finalement, plus que les personnages principaux, ce sont eux qui sont vraiment intéressants et attachants. L'auteur, elle-même, s'en est rendu compte, et, alors que l'histoire principale se termine en sept volumes, elle a décidé de reprendre la série pour conter le devenir ou le passé des différents adjuvants en trois tomes. Bien sûr, on ne les rencontre qu'à travers les personnages principaux, qui évoluent eux aussi au fil de leurs rencontres.

C'est ainsi la vie, la personnalité, les problèmes des protagonistes qui reflètent l'ère victorienne illustrée dans ce manga. Plus que la romance, c'est le quotidien et l'ambiance qui s'en dégage qui rendent l’œuvre attrayante. Mori Kaoru s'est d'ailleurs très bien documentée sur l'époque, allant même jusqu'à chercher exactement les objets existants durant cette ère, l'architecture, les mœurs pratiquées, les événements aillant eu lieu ; son histoire y gagne ainsi en profondeur et en réalisme.

Je mets au défi un seul connaisseur de trouver un objet qui n'existait pas à l'époque...

Le dessin de l'auteur est d'ailleurs très appliqué et propre – malgré le fait que ce soit le premier manga de l'auteur – ce qui accentue l'ambiance posée du manga. D'ailleurs, même si l'intrigue en elle-même est très classique, la narration est vraiment réussie, choisissant d'accentuer davantage le lyrisme que l'action ; le sous-entendu plutôt que la démonstration.

En somme, Emma est un très bon manga romantique. Il décrit à merveille l'Angleterre de l'époque victorienne à travers des personnages, surtout secondaires, attachants, un dessin fluide et une recherche excellemment bien documentée tout cela englobé dans une ambiance posée, à l'image de l'héroïne.
C'est donc un manga que je conseille à tous ceux qui veulent visiter cette époque anglaise qui fascine autant les japonais que les européens à travers la vie quotidienne des deux classes et une romance qui les entremêle, certes classique, mais très bien contée.

jeudi 9 août 2012

Le cri de la chair

(José Bénazéraf – 1961)


Sorti en 1963, Le cri de la chair (ou L'éternité pour nous) est réalisé dans l'élan de la Nouvelle Vague. Ce courant cinématographique français de la fin des années 50 s'est donné pour objectif de révolutionner le cinéma, qui n'avait alors que peu d'ambition, adaptant simplement des romans à l'écran. Cela se traduit par les nouvelles méthodes de tournage (on préfère le tournage en plein air à celui du studio), les héros (souvent des jeunes hommes oisifs en quête d'indépendance sans réelle attache avec la société – ainsi que ses lois) et une nouvelle philosophie du cinéma qui n'a plus pour objectif de montrer la réalité telle qu'elle devrait être mais de représenter une réalité, en sachant qu'il ne s'agit que de celle d'un film.

Ainsi, le film de José Bénazéraf raconte l'histoire de Jean-Marc, pianiste raté qui se fait embaucher dans une boîte de la Côte, avec sa maîtresse Brigitte, une danseuse strip-teaseuse. Mais le propriétaire, Barnier, agonise depuis des mois, ce qui ne semble pas déplaire à sa femme, Maria...
Ce film est considéré comme un film érotique, même si, à mon humble avis, à part sa tendance à concentrer la caméra sur la poitrine des actrices, il n'est pas plus érotique qu'un autre film de nos jours...

Non, ce film est avant tout...complètement...hilarant ! En regardant le synopsis, on ne dirait vraiment pas et en effet, ce film n'est pas censé être une comédie, et n'a aucun but burlesque.
Cependant, il atteint tellement profondément les abysses de le nullité absolue qu'il en devient comique.
L'histoire est complètement tordue et funambulesque que ça en devient ridicule. Tout ces « c'est moi qui l'ai tué », « C'est toi qui l'as tué ? », « Cela ne peut être toi, puisque c'est moi qui l'ai tué », « Non, c'est moi qui l'ai tué » rend l'histoire complètement abracadabrante. De plus, les relations entre les personnages sont du même acabit, ce qui agrandit le maelström déjà présent.

Mais le mieux (ou le pire, je ne sais plus) dans tout cela, c'est la nullité des dialogues.
Juste pour pour vous donnez un exemple, il y a un dialogue (voir même plusieurs...), peu importe le contenu, où Jean-Marc et Brigitte discute. Bon, jusque là, c'est normal. Mais tout le dialogue consiste en Brigitte parle, Jean-Marc répète ce qu'elle dit avec un point d'interrogation à la fin. C'est complètement nul ! Mais c'est du comique de répétition par excellence !

Pour conclure et résumer, Le cri de la chair est un film qui est sensé être sérieux, mais l'histoire est tellement absurde, les personnages tellement niais, les dialogues tellement nulles qu'il en devient hilarant. C'est un chef-d’œuvre de la nullité ! Un vrai nanar !
Mais c'est vrai que cela reste difficile à conseiller ; ce film est tout de même complètement nul. D'un autre côté, on cherche tellement à voir que des films bons ou des chef-d’œuvres que cela fait du bien de voir un vrai nanar une fois de temps en temps.
Alors je le conseille vraiment à tout le monde. Parce qu'un nanar aussi drôle, on n'en trouve pas souvent, alors il vaut vraiment le coup-d’œil.

mardi 17 juillet 2012

Nodame Cantabile

(J.C. Staff - 2007)



Issu du manga éponyme de Ninomiya Tomoko publié chez Pika Edition, Nodame Cantabile est un anime inédit en France comptant trois saisons, de 23, 11 et 11 épisodes respectivement.

Chiaki est un élève brillant des cours de piano d'un conservatoire japonais. Cependant, son talent le rend arrogant envers tous, ainsi que ses professeurs. Malgré son envie, il ne peut cependant partir : Sa phobie des transports lui interdit de quitter le Japon pour rejoindre son professeur préféré, en Europe, et y faire carrière...
Au plus profond de son désespoir, il va se réveiller sous le doux son d'une magnifique interprétation de la sonate de Beethoven pour piano, la « Pathétique »... entouré d'un tas d'immondices ! C'est ainsi qu'il rencontrera Nodame, pour le meilleur et pour le pire...

Et selon lui, c'est plutôt pour le pire...

Cet anime est un agréable mélange d'humour et de musique. Très porté sur la musique classique, visionner cette série permet de (re)découvrir les morceaux des plus grands compositeurs de l'histoire.
A cela, s'ajoute une bonne poignée d'humour, notamment par la présence du personnage de Nodame, aussi capricieuse qu'imprévisible, et de son duo avec Chiaki, son exact opposé.

Cependant, leur rôle n'est pas seulement de nous faire rire, mais aussi de nous émouvoir, de nous entraîner dans leur vie. Car si leur interaction regorge d'humour pendant longtemps, au fil des saisons, les deux protagonistes évoluent, doutent, régressent, s'améliorent ; vivent, tout simplement.
Les adjuvants ne sont eux non plus pas à négliger. Les différentes personnalités que les deux héros rencontreront au fil de leur vie leur permettront d'évoluer, mais évolueront eux-même. En cela, Nodame Cantabile est intéressant, dans le sens que l’œuvre ne laisse nullement tomber ses personnages en cours de route, comme beaucoup d'autres...

Ce sont d'ailleurs les personnages qui tiennent le scénario, puisqu'après tout, l'anime ne fait que raconter les divers rebondissements de leurs vies privées et musicales. Bien que menée assez légèrement au début de la série, l'intrigue de l'anime prend de la profondeur et de la gravité avec le temps, jusqu'à parfois en perdre son humour, selon les étapes à franchir.

Pour résumer, Nodame Cantabile est un anime agréable qui mélange musique et humour à travers des personnages intéressants et s'approfondissant, qu'ils soient secondaires ou principaux.
C'est donc une œuvre que je conseille à tous ceux qui ont suffisamment de temps pour visionner un bon anime assez long (45 épisodes, je rappelle). Et même si vous avez un a priori négatif sur le classique, il serait dommage de le manquer, ne serait-ce que pour l'infirmer.

mercredi 4 juillet 2012

L'horrible docteur Orloff


(Jesùs Franco – 1961)



Ostensiblement inspiré du film français Les yeux sans visage sorti deux ans plus tôt, L'horrible docteur Orloff conte l'histoire de mystérieuses disparitions. En effet, en moins de deux mois, de nombreuses jeunes femmes se sont évaporées dans la nature. Derrière ce crime se cache le docteur Orloff qui cherche à redonner un visage humain à sa fille défigurée...

Pour moi, ce film est vraiment bon. A l'époque, le manque technique nécessaire à la réalisation d'effets spéciaux oblige, une grande place à l'ambiance est faite dans les films d'épouvante, ce que cette œuvre espagnole rend très bien. La réalisation, la musique, le jeu des acteurs, tout nous permet de nous plonger dans ce monde où le crime est commis impunément.
Et l'ambiance, c'est ce qu'il y a de plus important dans ce genre de film, en mon sens. Qu'importe le reste, tant que l'ambiance est là. Cela dit, ici, le « reste » n'est pas négligé non plus. L'histoire est vraiment bien et sait se révéler en gardant un certain voile de mystère. Certaines idées de personnages (que je ne dévoilerai pas) sont aussi excellentes et contribuent elles aussi à l'ambiance si réussie du film.

Ceci étant dit, ce film présente hélas un véritable défaut, une plaie monumentale: la fin. Je ne sais pas pourquoi (manque de budget ? Manque de bobine ?), mais la fin est bâclée, loupée, stéréotypée au plus haut degré, à tel point que ça en devient parodique. Cette conclusion discrédite complètement le film, ce qui est vraiment dommage, puisque le reste est de qualité...

Pour résumer, ce film est vraiment bon dans son ensemble. L'ambiance, ce qui importe le plus dans les films d'épouvante, est vraiment réussie grâce à la réalisation, à la musique, à certaines bonnes idées glissées par-ci par-là et bien sûr aux acteurs. De plus, l'histoire non plus n'est pas délaissée.
Néanmoins, ce film présente aussi une des fins les plus décevantes que j'ai jamais vu, d'autant plus que le reste est bon.
Alors je le conseille à tous, mais je m'excuse pour le réalisateur de la nullité de la fin.

samedi 9 juin 2012

Millénium


(Stieg Larsson – 2005-2008)


Best-steller international, Millénium est sans doute l’œuvre qui a permis au grand public de s'intéresser aux ouvrages scandinaves et donc d'ouvrir une nouvelle voie aux éditeurs. L'auteur, quant à lui, était un journaliste engagé, notamment dans la lutte contre les idées d'extrême droite, et mourra prématurément quelques mois après avoir livré sa trilogie au plus grand éditeur suédois.
Le succès étant au rendez-vous, la saga connaîtra une adaptation cinématographique suédoise des trois tomes sur grand écran et une adaptation radiophonique sur France Culture du premier tome. Cette année, la série est de nouveau portée sur les écrans par les américains cette fois.
Mais je ne vais ici pas vous parlez des films ni de la lecture du livre par France Culture mais bien de ces romans suédois qui ont fait tant de bruit.

Mikael Blomkvist, rédacteur du journal économique Millénium, est condamné pour diffamation à cause d'un de ses articles sur un grand industriel suédois. Voulant s'éloigner de tout temporairement, il accepte un travail qui sort de l'ordinaire : Il doit relancer une enquête abandonnée il y a plus de quarante ans où la nièce de son employeur a disparu, sans doute assassinée.
En parallèle, on suit une jeune femme rebelle et peu commune, Lisbeth Salander. Considérée par la société comme incapable et mise sous tutelle, elle possède néanmoins des capacités hors pair telle que ses compétences pour mener des Enquêtes Sur la Personne, travail qu'elle fait pour le compte de Milton Security, une agence de sécurité privée.

La grande force de ce roman réside dans ses personnages et notamment en la personne de Lisbeth. Sa personnalité si atypique mais ses sentiments si naturelles font d'elle un personnage à la fois intriguant et attachant. On peut pratiquement affirmer que les livres tournent autour d'elle ; ce qui est d'autant plus vrai à partir du deuxième tome.
Mais la série ne se limite pas à ces personnages, loin de là. L'intrigue elle-même est très prenante et pleine de rebondissements. L'auteur a même pensé à donner des plans, des arbres généalogiques ou autres au lecteur pour que celui-ci se repère mieux voir même tente de résoudre le mystère (ce qui est pratiquement impossible, au passage...). Il faut tout de même préciser que l'intrigue est sombre. La Suède décrite par Larsson ne donne vraiment pas envie d'y aller et les personnages eux-mêmes ont tous un côté, si ce n'est malsain, au moins dérangeant.

Mais que demander de plus à une excellente histoire menée par des personnages charismatiques ? Un bon style bien sûr !
Sans être du grand art littéraire, le style de l'auteur est simple mais efficace. Le livre se lit facilement. Même si trois tomes peut paraître long à certains, la lecture est rapide et on en redemande rapidement d'autre.

D'ailleurs, c'est pratiquement le seul défaut de l’œuvre : On en redemande d'autre. L'auteur est mort trop tôt ; il n'avait pas prévu de finir sa série en trois tomes mais bien de continuer, ce qui laisse à la fin du troisième tome, même si l'affaire est terminée, une impression de trop peu, à mon goût...


En conclusion, Millénium n'a pas volé son titre de best-steller : En plus d'une intrigue accrocheuse mais sombre, Stieg Larsson met en scène des personnages humains et attachants sous sa plume efficace.
Le défaut principal de l’œuvre est sans doute ce goût de trop peu qui nous assaillit à la fin du troisième tome et peut-être l'ambiance trop sombre et violente pour être conseillé à tout le monde. Néanmoins, cette ambiance fait partie intégrante de l'intrigue, donc je ne saurais dire que ce soit véritablement un « défaut »...
En tout cas, je conseille cette trilogie a un maximum de personnes, mais pas trop sensible non plus...