jeudi 27 juin 2013

Saya no Uta

(NitroPlus – 2003)


Attention : Cette œuvre est fortement déconseillée aux mineurs. Elle présente un contenu érotique prononcé, mais aussi un caractère violent et très controversé.

Saya no Uta (Le chant de Saya) est un visual novel et eroge (pour les nouveaux, je renvoie à ma présentation du genre) développé par Nitroplus. Bien qu'inédit jusqu'à peu hors des terres nippones, ne permettant aux anglophones de ne connaître l’œuvre qu'à partir d'une traduction amateur, JAST USA a sorti très récemment (le 6 mai dernier) une version officielle aux États-Unis. Quant aux français, une traduction amateur proposée par Nnuuu Production est disponible. Je ne peux cependant pas juger moi-même de la qualité de cette traduction, ayant lu cette œuvre grâce à la traduction anglaise amateur.
Cependant, sa grande diffusion prouve de sa popularité, alors parlons de l’œuvre elle-même !

Sakisaka Fuminori est un étudiant en médecine banal. Il est cependant rescapé d'un accident qui emporta ses parents. Lui-même n'en sort pas indemne, contrairement à ce que croit ses médecins : Sa perception du monde est complètement dérangée. Au lieu d'une simple cafétéria d'université, Fuminori perçoit un monde grotesque d'entrailles et de viscères ; ces amis lui semblent monstrueux, que ce soit à voir, à entendre, et même à sentir. La nourriture aussi lui est immonde.
Dans cette univers atroce qui est désormais le sien, Fuminori ne connaît la paix qu'avec Saya, une étrange jeune fille qu'il voit comme telle...

 Lorsqu'un univers bascule...

Saya no Uta tire sa plus grande force de son ambiance. La vision du monde du héros rend le titre dérangeant voir même cauchemardesque. Bien sûr, qui dit ambiance dit musique. En cela, ce visual novel s'en sort brillamment. Cependant, à part quelques exceptions, ces musiques ne s'écoutent pas vraiment en dehors de la lecture, tant l'ambiance qu'elles dégagent est ancrée dans l’œuvre.

L'ambiance fait aussi tenir tout le scénario. Assez basique en soi, l'histoire reste très entraînante. Cependant, cette œuvre n'est, comme cela a déjà été mentionné, PAS tout public. L'ambiance va en s'horrifiant de plus en plus jusqu'à des extrêmes qui peuvent en heurter beaucoup, et pas que les plus sensibles.
Quand à la durée, ce visual novel n’excède sans doute pas la dizaine d'heures, même pour les plus lents. Le titre offre trois fins différentes, définies par deux choix : Il est donc assez rapide de tout voir. Je vous conseille cependant de déterminer les choix véritablement comme VOUS le sentez, notamment lors de la deuxième branche ; la première fin que vous verrez, quelle qu'elle soit, vous paraîtra toujours mieux que l'autre. Ne vous dites pas : « Je vais faire ça avant ; je garde le meilleur en dernier »...

La petite faiblesse de l’œuvre se trouve sans doute dans ses personnages. Pas très nombreux, ces derniers ne sont pas particulièrement profonds. Leur personnalité reste assez superficielle voir même, pour certains, plutôt stéréotypée. Le héros ne fait pas exception, bien que les choix du lecteur influence évidemment ses actions.
Saya doit être la personnalité la plus recherchée du titre bien que finalement, plus que sa personnalité, c'est le personnage qui s'avère intéressant, voir même cruellement attachant.

Cependant, je ne dirais pas que c'est un défaut conséquent : Saya no Uta est écrit tel un roman fantastique ; ce n'est pas tant les personnages qui comptent, mais bien la situation qu'ils expérimentent. En parlant de l'écriture, celle-ci, sans être exceptionnelle, reste efficace et fluide.

Pour résumer, Saya no Uta est un très bon visual novel, notamment par son ambiance et ses musiques cauchemardesques et dérangeantes. Bien que l'ambiance du titre soit exceptionnelle, le petit bémol de l’œuvre serait sans doute les personnages un peu trop classiques, même si le genre le permet, puisque le fantastique n'est pas connu pour avoir des personnages recherchés.

Je conseille donc cette œuvre à tous ceux qui se sentent prêts ; car malgré la qualité du titre, son contenu controversé se doit d'en décourager certains...

dimanche 9 juin 2013

Azumanga Daioh

(Azuma Kiyohiko – Publié par Kurokawa en 2005)


Azumanga Daioh, publié en quatre tomes, est l'histoire de six lycéennes et de leurs professeurs à l'âme d'enfant. Leur histoire est racontée sous le format 4-koma ; courte histoire de quatre cases, soit un procédé semblable à celui utilisé dans Garfield ou Snoopy.

Comme la grande majorité des mangas 4-koma, Azumanga Daioh se veut drôle et amusant – parce que, oui, pour l'histoire, il y a des 4-koma qui ne le sont pas, comme Afghanistan – et il y arrive très bien. Les personnages ont leur caractère propre et nous entraînent à leur rythme ; de temps en temps effréné, parfois très contemplatif, au contraire.

En effet, chaque personnage a sa personnalité propre, même si pas particulièrement originale, et est très attachant. On s'apitoie sur cette pauvre Sakaki qui adore les chats qui la détestent, on rie de l'égoïsme du professeur Yukari et de la frénésie de Tomo...
Vraiment, bien que le tableau des personnages soient petits – sept lycéennes et trois professeurs, essentiellement – le manga nous montre des situations aussi divers que variées à travers eux.

Comme déjà mentionné plus haut, le rythme de ce manga est lui aussi assez divers ; il dépend essentiellement sur quel personnage le gag se concentre. Le monde deviendra bien plus lent en suivant la lunatique Ôsaka qu'en écoutant le duo des professeurs amis d'enfance. Cette diversité est très rafraîchissante et c'est surtout son format qui le permet.
De part ce dernier, Azumanga Daioh est le genre de manga qui se lit, relit avec toujours le même plaisir ; il est à la fois reposant et divertissant.

J'ai d'ailleurs des félicitations à faire aux traducteurs de la version française. Comme beaucoup de mangas humoristiques japonais, Azumanga Daioh joue énormément sur les jeux de mots, si fréquent dans la langue du pays du Soleil Levant.
De ce genre de cas, les traducteurs sont confrontés à trois choix : soit le traduire littéralement et expliquer le jeu de mots avec une note en bas de page, ce qui rend rarement la dimension comique (choix souvent pratiqué par les traductions amateurs), soit l'ignorer complètement (Ranma ½ est un bon exemple de cette pratique), soit trouver un équivalent français.
Eve Chauviré et ses collaboratrices japonaises ont fait le choix le plus compliqué mais le meilleur ; trouver l'équivalent français, ce qui permet de garder la spontanéité du gag et donc l'humour. Bravo à vous !

Azumanga Daioh connaît aussi une adaptation animée de 24 épisodes, éditée en France par Kaze. Celle-ci est plutôt bonne ; elle y adapte la plupart des histoires du manga et a quelques histoires inédites.

En somme, Azumanga Daioh est un manga sympathique et humoristique sur la vie de quelques lycéennes. Les personnages y sont tous attachants et très distingués les uns des autres, offrant divers aspects de cette tranche de vie.

C'est donc une œuvre que je recommande à tous ceux qui veulent passer un bon moment de rire et de détente sans se prendre la tête, que ce soit en manga ou en anime.

jeudi 28 février 2013

La fille de Ryan


(David Lean – 1970)

La fille de Ryan se déroule en 1916, dans un petit village isolé d'Irlande où Rosy, fille du propriétaire de la taverne du hameau, se marie avec son ancien maître d'école. La nuit de noces se révélant décevante, elle entame une relation passionnée avec le major anglais Randolph Doryan, héros traumatisé et estropié de la Première Guerre Mondiale qui fait toujours rage.
Mais plus que la Grande Guerre, c'est le contexte du mécontentement irlandais qui domine. En effet, en 1800, le parlement irlandais signe un Acte d'Union avec la Grande-Bretagne qui déplace les représentants du pays à Londres et qui soumet l'Irlande aux Britanniques. « L'occupant anglais » ne pourra cependant pas se reposer sur ses lauriers ; Irish Republican Brotherhood, fondé en 1858, est une organisation révolutionnaire républicaine qui fera tout pour chasser les Britanniques du sol irlandais. Ils prévoient notamment une révolte pour Pâques, l'insurrection de Pâques de 1916, qui devait commencer à Dublin et s'étendre dans tout le pays.

C'est donc dans ce contexte de préparations que se déroule ce film d'adultère. Et je dois admettre que ce film m'intéressait beaucoup pour ce cadre-là. De plus, les films de David Lean ne m'ayant pas encore déçue, j'avoue que je suis allée le voir avec une a priori plutôt positif.

Et en effet, la qualité cinématographique est là. Les décors sont très beaux et réalistes (le film a d'ailleurs été tourné en Irlande, donc on ne peut faire plus réaliste...), la mise en scène est bonne et la vie du village est plutôt bien retranscrite, notamment grâce à la position de tavernier de Ryan.
De plus, l'idée que le major Doryan soit traumatisé par le front est certes peu originale, mais bien transcrite : Cela ne prend en effet ni trop d'importance ni pas assez. Christopher Jones ne joue pas ici un pauvre soldat vaincu par son traumatisme mais un homme qui, malgré son traumatisme, continue de vivre de son mieux.

Néanmoins, ce film m'a tout de même déçue. Déjà, le contexte n'est pas si exploité que cela, ce qui fait que le film devient vraiment un simple film d'adultère avec ses stéréotypes et ses personnages spécifiques et classiques. Pas beaucoup de surprises se présentent le long du film et en plus, la longueur de l’œuvre, 3h10, est ici un défaut qui ajoute une langueur à ce sentiment d'ennui.

Au final, malgré la qualité cinématographique due à l'expertise de David Lean et un contexte intéressant, j'ai trouvé ce film ennuyeux. La fille de Ryan n'est cependant pas complètement mauvais mais tellement stéréotypé qu'il en devient tout simplement ennuyant, ce que la longueur accentue davantage.

vendredi 18 janvier 2013

Dragons


(Marie Desplechin – 2003)

Bien que Marie Desplechin soit plus particulièrement connue pour sa littérature jeunesse, elle s'essaye de temps en temps à un public plus âgé et Dragons est, à ma connaissance, sa deuxième tentative dans ce sens.

Sur l'île de Batz, en Bretagne, il y a un bon millier d'années, un dragon fut terrassé et poussé dans un long sommeil, en bas d'une de ses falaises... Retour au présent, un groupe de connaissances plutôt atypiques décident de séjourner quelques temps sur l'îlot, afin de profiter ensemble de leurs vacances. Mais ils ne savent pas ce qui les attendent...

Dragons est un livre qui a autant de qualités que de défauts.
Parlons d'abord des qualités. L'écriture est très fluide, sans être simpliste pour autant. L'auteur décrit plutôt bien les différentes situations et arrive parfaitement à rendre l'atmosphère quasiment oppressante et extraordinaire de l'île.

L’œuvre offre aussi un tableau de personnages assez originaux. Chaque personnalité est vraiment unique et chacun a ses attributions. Alors que Pascale a des visions prémonitoires, Mélanie est obsédée par les reliques liés à la mort, entre autres. Hélas, je trouve ici un revers de médaille ; les protagonistes ne sont pas attachants. Ils sont originaux par leur rôle et leur particularité, mais ils ne nous touchent pas, à l'exception peut-être d'un certain ectoplasme...

Et puisque l'on parle de tare, l'intrigue en est hélas une. Le début nous plonge dans une attente, puisque l'introduction commence par ce fameux combat contre l'immense monstre et s’enchaîne sur ces fameuses vacances sur les lieux du combat. Cependant, l'auteur prend beaucoup de temps à mettre son histoire en route. Certes, la mise en place de l'ambiance l'autorise, et comme celle-ci est bien menée, ce n'est pas un défaut majeur.

Non, le problème, c'est une fois l'intrigue lancée. Tout est confus. C'était apparemment l'effet recherché, puisque les personnages eux-mêmes n'y comprennent rien, mais ce n'est pas digeste. Si encore l'histoire se concluait, si encore le flou se démystifiait, si encore les éléments permettant ce procédé se présentaient, même pour laisser le lecteur décrypter lui-même l'oeuvre, mais non. Ce cafouillis demeure, laissant le lecteur à un sentiment d'abandon et à une billebaude à jamais irrésolue...

En conclusion, Dragons m'a déçue. Alors que l’œuvre est menée par une plume efficace et recherchée qui met en place une ambiance oppressante et des personnages intéressants bien que pas attachants, la forme est gâchée par le fond qui reste embrouillée jusqu'à la fin. Je ne peux donc pas vraiment vous le conseiller, mais si vous êtes tenté par le challenge d'y comprendre quoi que ce soit, je vous salue et vous demande de m'expliquer !

lundi 5 novembre 2012

Black Lagoon

(Madhouse – 2006)


Adapté du manga éponyme de Hiroe Rei, Black Lagoon commence par suivre Rock, jeune salarié d'une multinationale japonaise. Celui-ci va vite se faire enrôler dans une « simple entreprise », la compagnie Lagoon. Celle-ci, composée de Dutch, un afro-américain imposant mais raisonnable, Benny, un pro de l'informatique, et Reby, une china-américaine timbrée équipée de revolvers, n'est qu'une simple entreprise de livraison « à qui il peut arriver de ne pas respecter la loi de temps en temps... »

 Et ma foi, ça fait une belle équipe...

Black Lagoon est donc une histoire de mafieux, de fusillades dans une ville dépravée, Roanapura, à travers cette fameuse compagnie et ses missions. C'est un bon vieil anime avec de l'action, une bonne dose d'adrénaline et des personnages charismatiques.

Sans être d'une originalité absolue, les différents protagonistes sont plutôt attachants, bien que, au fil des saisons, ce sont plutôt Rock et Reby qui sont mit en avant, par rapport aux deux autres, notamment par leur relation très contrastée. D'ailleurs, alors que le charisme explosif de Reby reste constant, Rock reste d'autant plus intéressant par son côté de « personne normal » au milieu de toutes les crapules qu'il va devoir fréquenter – et donc d'observateur – mais aussi par sa propre évolution.

Rock ne va pas rester innocent bien longtemps...

Au-delà des quatre personnages principaux, d'autres adjuvants feront leur apparition et, très charismatiques pour la plupart sans être cependant véritablement attachants, prendront très largement le devant de la scène au fil des missions menées par Lagoon.

L'anime est alors découpé par ces missions en plusieurs épisodes, formant l'arc correspondant à la besogne en cours. Celles-ci peuvent différer grandement, bien que, dans l'ensemble, la première saison est beaucoup plus tournée action et fusillades purs et durs alors que la seconde et les cinq OAV sont bien plus sombres et traumatisants pour les protagonistes.

Ce contraste est d'ailleurs souligné à merveille par la musique. Bien que ce soit vraiment pas le type de musique que j'écouterais, il faut dire tout de même que les génériques de début et de fin illustrent les deux côtés de l'anime : alors que le premier est énergique et dynamique, le second est beaucoup plus posé et mélancolique. Du côté de la bande-son elle-même, cela dit, pas beaucoup de surprise, je m'en souviens même pas...
Quant à l'animation, sans être exceptionnelle, elle reste correcte et le dessin reprend plutôt bien le style de l'auteur du manga.

Je dirais que le gros bémol de l'anime est la fin de la série d'OAV, qui font office de troisième saison ; cette fin manque quelque peu de cohérence quant aux réactions des différents protagonistes et laisse un sacré bon d'inachevé.
Pour ce second point, le studio a en effet une bonne excuse, puisque le manga a été stoppé pendant un certain temps à ce moment de l'intrigue, mais le manque de cohérence reste gênant ; d'autant plus que un parti semble avoir été pris, puisque, alors que jusqu'à présent, l'anime me semble avoir suivi le manga, les dites réactions n'ont pas véritablement lieu dans la version papier. Je ne prône pas la version papier pour autant, qui coupe cet arc bien trop brusquement à mon goût...

En somme, Black Lagoon est un très bon anime qui commence en dose d'adrénaline à tout va mais qui évolue vers un approfondissement et assombrissement des intrigues, mais aussi des personnages eux-mêmes, qui évoluent. Cette évolution étant la bienvenue, je conseille cet anime à tous ceux qui veulent voir une très bonne œuvre, menée par des personnages (très) charismatiques et attachants pour certains dans un chaos de corruption qui s'intensifie, malgré un sacré goût d'inachevé...

vendredi 14 septembre 2012

Umineko no Naku Koro ni


(7th Expansion – 2007)

Umineko no Naku Koro ni (Lorsque les goélands pleureront en français) est le second opus de la série When They Cry, qui inclus Higurashi no Naku Koro ni (Le sanglot des cigales, dans sa version française), série de visual novel développée par l'excellent groupe amateur 7th Expansion. Les deux œuvres sont certes légèrement liés, mais la lecture de Higurashi n'est pas nécessaire pour lire Umineko.

Plus qu'un visual novel, cependant, Umineko se présente comme un sound novel ; mettant davantage l'accent sur les musiques que sur l'aspect graphique. Ainsi, la bande son du titre est immense, comportant plus de 190 musiques.
Mais la quantité ne se fait pas au détriment de la qualité : Umineko a sans doute l'une des OST les plus réussie que j'ai jamais entendu. Non seulement elles sont très bien, voir certaines divines, mais en plus, elles, ainsi que les bruitages, accompagnent à merveille l'histoire qui se narre dans le roman, avec un timing parfait.

Néanmoins, l'aspect graphique est beaucoup moins réussi ; les dessins des personnages, notamment, font très amateurs (bien que moins que leur précédent opus, Le sanglot des cigales, où certains personnages n'avaient que trois doigts...). Cela décourage hélas beaucoup certains puristes à lire ce sound novel, même si, franchement ce n'est pas si gênant. Je dirais même qu'au fil de la lecture, on s'attache énormément à ce graphisme, qui reste très expressif, au point de trouver le character design de l'anime fade...

Croyez-moi, si ces dessins-là vous gênent au point d'éviter de lire l’œuvre, vous loupez quelque chose...

Pour les arrière-plans, les développeurs ont pris le parti de retoucher des photos de manière très floues, ce qui donne une ambiance particulière :


La question reste à savoir pourquoi donc Umineko est si bien ? Ce n'est évidemment pas que grâce à sa musique... C'est son histoire qui le rend exceptionnel. Histoire, hélas, très dure à raconter...
Le titre est en effet assez long et les choses ont bien le temps de changer ; Le VN se découpe lui-même en deux opus : Umineko no Naku Koro ni rassemble les quatre premiers épisodes, qui posent les questions et Umineko no Naku Koro ni Chiru rassemble les quatre autres épisodes, qui répondent à certaines de ces questions.

Umineko est un roman à la fois policier et fantastique. Il commence tel les plus grands classiques du genre : La famille Ushiromiya, famille japonaise aisée grâce au succès de Kinzo Ushiromiya, se rassemble, comme tous les ans, dans la demeure du chef de famille, sur l'île de Rokkenjima qu'il possède toute entière. En pleine réunion de famille, les Ushiromiya reçoivent une mystérieuse lettre : Béatrice, alchimiste attitrée de la famille, annonce la fin de son contrat et demande la restitution de son dû : une vaste quantité d'or qu'elle avait prêté à Kinzo. La seule issue est de retrouver l'or avant le temps imparti et rien ne sera repris. Mais simultanément, une série de meurtres débute sur cette île isolée par un typhon...

 Béatrice, cette sorcière mythique, semble errer tel un fantôme dans le domaine ; est-elle donc la perceptrice de ces cruels meurtres ?

L'histoire de Umineko prend énormément de temps à se mettre en place : on peut dire que tout le premier épisode – qui dure une petite dizaine d'heures – sert d'introduction à la série et que le synopsis ci-dessus ne vous décrit en rien l'impressionnante adresse scénaristique des développeurs. L'histoire prendra en effet un tour nouveau à la fin de l'épisode qui rend le titre exceptionnel, et non simplement une œuvre parmi d'autres dans un genre connu et reconnu.
Mais hélas, pour ne pas vous révéler quoi que ce soit, je ne peux vous le dire ; sachez juste que l'intrigue vaut vraiment, mais vraiment la peine d'être lu.

De concert avec la passionnante intrigue du titre, les personnages se révèlent eux aussi très intéressants et certains même très attachants ; chacun seront plus ou moins développé au fil du jeu, bien qu'évidemment certains plus que d'autres. Les personnages principaux restent les plus intéressants de tous, notamment l’intrigante antagoniste...

Umineko présente cependant un autre aspect. Bien que ce soit un kinetic novel qui ne laisse aucun choix au lecteur, qui ne peut donc que lire, 7th Expansion ne voulait pas que les lecteurs restent inactifs. Empruntant de nombreux procédés au genre policier, à l'instar de celui-ci, Umineko se veut soluble pour le lecteur. On peut ainsi se prendre au jeu et essayer de comprendre qui, comment, voir même pourquoi les meurtres ont été accomplis. L’œuvre offre ainsi de nombreux outils au lecteur tels que des schémas, le menu et des indices sûrs pour le guider.

Umineko joue beaucoup sur les meurtres à chambre close, préparez-vous, ils ne sont pas simples à résoudre...

Cependant, vos théories ne seront jamais vérifiées ; le jeu ne donnera pas la réponse du comment de ces meurtres mais uniquement du pourquoi dans ce fameux Umineko no Naku Koro ni Chiru cité précédemment. De plus, se laisser prendre au jeu est passionnant et rend la lecture d'autant plus intéressante mais c'est TRES dur. Les meurtres sont accomplis de telle manière qu'on pourrait presque les croire.... magiques.

Pour conclure, Umineko no Naku Koro ni est un chef d’œuvre. Ce kinetic novel présente une histoire divinement intéressante avec des personnages attachants et intrigants, malgré un début certes bien, mais tellement faiblard par rapport au reste du titre. Mais l'intrigue n'est pas l'unique point positif : la musique rend l’œuvre magistrale. Le défaut d'Umineko qui se tient dans ses dessins n'en est même pas un, puisque finalement, au fil de la lecture, ils vous paraîtront tout à fait appropriés, tant ils peuvent être expressifs.
C'est donc une œuvre que je recommande à tous, pour l'excellence de son intrigue, de ses personnages et de sa musique ; de sa globalité.

Cependant, je tiens à souligner une chose : il y a en effet un anime, que beaucoup diront bon... Ne vous faites pas leurrer ! L'anime n'est bon que parce que le visual novel est excellentissime ; il est tellement fade à côté de l'original ! Préférez le visual novel lorsque vous vous lancez dans cette œuvre !

Critiques sur les visual novel


Après maints débats intérieurs, j'ai décidé de commencer à faire des critiques sur les visual novel. En effet, même si le genre est quasiment inconnu en France, il existe quelques perles qui méritent d'être commentées et j'y consacre suffisamment de temps pour me considérer comme une lectrice de ce type de « jeu ».

Néanmoins, le genre est complètement étranger au public francophone (à deux exceptions officielles près, à ma connaissance) et mérite donc éclaircissement, d'où cette news, qui fera davantage office d'explication d'un genre que de critique. (Pour ceux qui savent déjà ce qu'est un visual novel, le jeu va être d'essayer de savoir d'où vient chaque image ; les réponses seront à la fin.)

Déjà, la question se pose : qu'est-ce qu'un visual novel ?
Comme son nom l'indique, un visual novel (« roman visuel » pour les anglophobes) est un roman. Il n'est cependant que sur ordinateur (ou sur console) et, profitant de sa condition numérique, possède aussi une ambiance graphique et sonore.
Pour simplifier, un VN est donc un roman avec des images et de la musique. Cependant, il possède d'autres caractéristiques qui le rapproche d'avantage du jeu vidéo, ce que de nombreuses personnes pensent qu'il est.










Il existe plusieurs interfaces de visual novel, qui traduisent généralement les différents degrés d'implication du lecteur. Plus le texte prend de place sur la page, moins le lecteur a de choix à faire.


Car, en effet, la plupart des VN sont interactifs ; selon les choix faits par le lecteur, différents événements prendront place et différentes fins s’offriront à lui. En cela, le VN s'approche d'un roman de la série « les livres dont vous êtes le héros », étant très souvent écrit à la première personne.

Certains vont même plus loin dans l'interaction et s'approche là plus du jeu d'aventure.
Il faut ici examiner la scène afin de résoudre le crime ; bonne chance...

Cette interaction peut être prise à la fois comme un avantage et un défaut : même si cela rend le lecteur plus impliqué dans l'histoire, toutes les fins sont généralement aussi intéressantes les unes que les autres et donc nous poussent à tout essayer, ce qui peut s'avérer très long pour certaines œuvres...
Bien sûr, certaines fins sont privilégiées ; on parle bien de « good end » (bonne fin), « bad end » ou « wrong end » (mauvaise fin) et de « true end » (vraie fin) : cependant, même ce qu'on considère comme une « wrong end » a son intérêt, dans le sens qu'elle peut apporter des éléments supplémentaires à l'univers, à la psychologie des personnages voir même à l'intrigue.
La plupart des visual novel fonctionne aussi avec le principe de routes ; c'est notamment le cas lorsque l'histoire a une portée romantique. Les choix du lecteur décident ainsi avec qui le héros va avoir une relation romantique, lorsqu'il y a plusieurs héroïnes.
Il faut tout de même préciser qu'il existe des VN qui ne sont pas interactifs, que les puristes appellent des kinetic novel, même si ce n'est certainement pas la majorité.

Autre point qui rend le genre assez élitiste ; pratiquement tous les visual novel sont issus du pays du Soleil Levant et ne sont jamais sortis dans la langue de Molière, à l'exception du Sanglot des cigales (Higurashi no Naku Koro Ni) – qui est un must du genre – et de Anamnesis, le seul VN francophone à ce jour, fait par des fans, pour des fans.
Ainsi, pour aborder ce type de romans, il faut soit parler japonais, soit parler anglais car de nombreuses traductions amateurs existent. Je tiens d'ailleurs à préciser que la grande majorité des futurs critiques de VN que je ferais seront, sauf précision, à partir de la version traduite par des amateurs – dite « patchée », pour ceux pour qui cet univers est complètement inconnu – c'est-à-dire, en anglais.

Dernier point à aborder sur le genre et si j'ai oublié certaines caractéristiques, cela viendra au fur et à mesure des critiques, la plupart des VN, mais pas la totalité, sont des eroge, un « jeu » à contenu érotique, sans que cela tourne à la pornographie pour autant. Il est donc normalement conseillé qu'en dessous de 18 ans, vous ne les lisiez pas.
De même, certains peuvent décrire des situations assez déplaisantes et certains choix moraux peuvent blesser la sensibilité des plus fragiles. Ce n'est bien sûr pas le cas de tous, mais je pense pouvoir affirmer sans trop me tromper que la grande majorité des visual novel ont soit un contenu érotique, soit des choix moraux controversés ou des situations à caractère violent, voir même les deux. Mais il y a bien sûr des exceptions (Non, non, je ne pense pas du tout à Clannad, enfin, voyons...) et les versions console des titres sont généralement censurées.

Pour résumer, un visual novel est un genre de roman généralement interactif qui ajoute une dimension visuelle et musicale au texte et qui peut comporter plusieurs visions et fins d'une même histoire. Le genre reste cependant assez élitiste, n'étant pas vraiment sorti officiellement en dehors de l'Archipel et n'étant pratiquement disponible qu'en anglais ou en japonais. Pour optimiser cette isolation que peut avoir ce genre, la plupart des VN ne sont pas autorisées par nos normes pour un public mineur, comportant souvent un caractère érotique ou/et violent, que cette violence soit morale ou physique (pour les protagonistes).

Et pour ceux qui ont essayé de deviner les visual novel des images, voici les réponses, dans l'ordre d'apparition, de gauche à droite et de haut en bas :
Kara no Shoujo
Saya no Uta
Swan Song
Sharin no Kuni – Himawari no Shoujo
De nouveau Kara no Shoujo